DEROULEMENT DU SEJOUR
Nous sommes arrivés à Ouagadougou
en soirée et avons été hébergés dans un
logement vacant du Lycée technique de
Ouagadougou; nous avons été accueillis
par Benjamin, le professeur du LTO avec qui nous avons monté le projet,
et par le groupe de lycéens avec lequel nous avions échangé
l'an dernier par
blog interposé ; ils nous avaient préparé, en guise
de bienvenue, un plat de graines d'acacias.
Nous étions un peu à l'étroit mais on a apprécié
tout de suite l'accueil chaleureux et la tiédeur douce et le calme
de notre première soirée africaine.
Le lendemain nous sommes partis pour Yaba, un village de 2 500 habitants à
160km au nord-ouest de Ouagadougou ; la route est goudronnée sur une
partie puis c'est la piste poussiéreuse.
Arrivés à Yaba, nous serons logés
pendant toute la durée de notre séjour, dans le centre
Zati : une grande enclave comprenant : une aire intérieure de la
taille d'un terrain de football, une buvette
où nous pourrons acheter du coca, du fanta et de la bière, un
premier bâtiment de 4 pièces, un deuxième bâtiment
de 3 pièces.
C'est dans ces deux bâtiments que nous nous installerons : les élèves
se partagent des chambres à 4 au fond desquelles un réduit d'1
m par 2 comprend un trou dans le sol en béton menant vers l'extérieur
: ce sera "la salle de bain", les douches se prennent au seau ;
l'eau se tire du puits ; les toilettes sont une dalle de béton avec
un trou.
L'accueil est tout de suite très chaleureux ; on nous avait fait trouver
du matériel pour faire la cuisine mais comme il nous manque divers
objets nécessaires, le directeur du collège se met en quatre
pour nous fournir ce qu'il faut et nous pouvons très vite préparer
le premier repas.
Pendant toute la durée du séjour, un
jeune homme, Placide, restera
avec nous pour répondre à nos attentes pour toutes les questions
d'intendance et de fonctionnement. Le lendemain est réservé
aux visites, à la découverte du lieu, aux prises de contact
diverses : le chef du village, l'association SIAWA qui paye avec les parents
d'élèves le bois pour les meubles, les
enseignants du collège...
Nous faisons un tour d'horizon du village : ce n'est pas du tout ce que nous
imaginions, ce n'est pas un village groupé mais un chapelet de concessions
(3 ou 4 pièces réunies autour d'une cour) très éloignées
(plusieurs centaines de mètres) les unes des autres ; ce qui fait que
le "village" est très étendu : il nous faudra
3/4 d'heures de marche pour aller acheter des légumes.
Les journées de travail étaient rythmées de la façon
suivante :
lever : 6h, petit-déjeuner
début du travail vers 7h lorsque la luminosité était suffisante.
arrêt vers 13h en fonction de la température et de l'état de capacité de réaction des élèves (sécurité oblige).
10h : goûter : des jeunes en pleine croissance, faisant un travail manuel sous la chaleur, il faut que ça mange.
13h : arrêt du travail, déjeuner préparé par un binôme d'élèves: ce sera systématiquement des pâtes ou du riz, pour le repas de midi, avec un assaisonnement de légumes.
Le repas est un moment de détente et de convivialité sans cesse renouvelé et on laissera largement le temps s'écouler à table.
Le soir, nous avions demandé qu'une personne du village nous prépare le repas afin de découvrir les recettes locales ; ce sera une jeune fille très gentille
: Larissa.
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Dimension professionnelle : L'an dernier, nous avions préparé des
prototypes (recherche d'assemblage ne nécessitant pas de
matériel spécifique et onéreux ; Test de différentes
méthodes d'assemblage ; réalisation de prototypes
et tests de résistance). Pour le séjour, il a donc fallu préparer
le matériel en ciblant les possibilités manuelle,
électrique, électroportative avec le groupe électrogène,
faire le bilan des besoins pour la réalisation prévue,
le recensement du matériel existant dans l'établissement
et choisir du matériel permettant de le laisser sur place
lorsque nous repartirions. Sur place, nous
avons, en fonction des moyens matériels (groupe électrogène,
emplacement de travail etc.), aménagé l'emplacement
de travail Lors de l'arrivée
du bois, nous avons établi un bilan (qualité, épaisseur,
largeur, longueur). Enfin, nous avons pu nous atteler à la
préparation du modèle en nous adaptant aux besoins,
aux contraintes du lieu et aux dimensions des planches. |
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Grâce au dynamisme des élèves et de leur professeur, Jean-Yves Barré nous avons réalisé des besoins complémentaires pour l'association Siawa, qui a participé à l'achat du bois et qui forme des jeunes Burkinabés à la couture. Le bilan du reste du bois et l'évaluation du débit des bancs et de la quincaillerie disponible nous a donné la possibilité de fabriquer cinq bancs et deux étagères supplémentaires. Lorsque nous partirons, nous laisserons du matériel manuel (vilbrequin, foret, ciseaux à bois, rabot) et du matériel électroportatif (perceuse, scie circulaire, rabot électrique). En ce qui concerne le rythme
de travail, les élèves ont travaillé en fonction
de leur capacité et de leur attention à la sécurité.
Les pauses furent acceptées pour éviter tout risque
d'accident dû à la fatigue ou au manque d'attention. La livraison des réalisations s'est faite le jour de notre départ. Les responsables et personnels du collèges sont venus prendre possession des réalisations et les ont emmenées ce jour-là. |
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Dimension culturelle :
L'après-midi est réservée en priorité au travail de croquis de voyage, à la lecture d'un roman ou d'un livre de contes ancrés dans la littérature africaine et qui a fait l'objet d'une fiche de lecture. Les élèves devaient également prendre des notes de leurs journées, sur leurs découvertes, leurs impressions, leurs expériences et leurs rencontres.
Dès le premier jour, ils ont rencontré spontanément les habitants de Yaba, agriculteurs et éleveurs pour la plupart et ont pu apprécier leurs coutumes. Ils ont également découvert la nourriture locale, grâce à notre cuisinière Larissa, qui venait nous préparer le repas du soir comme le "tô", préparation à base de farine de mil, les graines d'acacia, les poulets et pintades offerts vivants et que Placide, notre aide et guide sur place, devait tuer, plumer et vider avec l'aide des élèves, les galettes de mil que nous achetions au petit matin aux femmes qui les fabriquaient pour les collégiens sur la route du collège et que nous apprécions au petit déjeuner.
Au collège de Yaba, les élèves ont assisté aux combats de lutte africaine et aux danses traditionnelles (document video en . avi) des collégiens.
Ils ont découvert la traditions des masques en visitant le musée national du Burkina à Ouagadougou et leur utilisation lors des rites toujours vivants : rites de fécondité ou funéraires, rituel pour chasser les oiseaux lors des semailles ou pour favoriser l'abondance des pluies.
Au
marché artisanal de la capitale, ils ont pu admirer
les diverses formes d'artisanat (statuettes
de bronze ou de bois), masques,
tissus peints (Batik) ou tissés
(bogolan) et bien d'autres créations
(motos ou voitures fabriquées
avec les canettes de soda).
Lors de leur visite dans le village ils ont pu observer les différentes
architectures des maisons de terre
crue et des greniers à
mil.
Dimensions relationnelle, humaine et développement personnel
Dimensions économique et sociale :
L'histoire et la géographie
du Burkina, ainsi que
les maladies tropicales ont été étudiées durant
l'année précédant le voyage. Un professeur
de l'université de Rennes 2, Anne Ouallet nous ayant
présenté l'Afrique de l'Ouest, le docteur Vesvard
ayant lui, présenté les divers problèmes
sanitaires touchant cette région.
A Yaba, les élèves ont pu appréhender les difficultés d'une région sahélienne. Ils ont observé la sècheresse de la terre, mais la présence encore de nombreux arbres (eucalyptus, manguiers, baobab etc.). Ils ont découvert une agriculture extensive où les animaux domestiques vivent en liberté comme les troupeaux de buffles. Le travail de la terre se fait uniquement grâce à la force humaine ou animale. Les femmes arrosent leurs potagers deux fois par jour en tirant l'eau du puits. Les élèves ont aussi pu constater que les habitants de Yaba vivent de la pêche, chaque matin, le jour à peine levé, les enfants pêchent dans le barrage. Au cours des diverses conversations que les élèves ont eu avec les professeurs burkinabés et les habitants, ils ont noté que trop d'enfants ne peuvent aller à l'école ou de lycéens poursuivre leurs études, faute d'argent. Le taux d 'analphabétisme au Burkina Faso est de 70%. Le taux de scolarisation des enfants âgés de 7 à 12 ans est approximativement de 40,5% car il faut payer 1000 Francs CFA pour une année scolaire. |
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Nos élèves ont pu remarquer que les habitants de Yaba ne souffraient pas de la faim car cette population rurale subvient à ses besoins grâce à une agriculture vivrière. Cependant, ils ont également compris que celle-ci ne permet pas de dégager de bénéfices suffisants. C'est pourquoi, peu d'habitants du village ont accès aux soins en cas de maladie. (infirmerie à Yaba, dans laquelle un frigo fonctionne à l'énergie solaire et permet la conservation des médicaments). A Ouagadougou, les élèves ont découvert une ville du Tiers Monde en prise aux problèmes de pollution et de pauvreté. |
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Finalement, nos élèves se sont très bien comporté
: jamais de protestation malgré les conditions difficiles, ils
ont mangé ce qu'on leur donnait sans rechigner, il étaient
courageux au travail, faisaient les corvées avec sérieux,
avaient un excellent contact avec les habitants, ils étaient toujours
partant pour une découverte, bref ils ont eu l'esprit totalement
ouvert.
Le voyage leur a été immédiatement profitable car
plusieurs ont réagi comme on l'espérait : ils ont fait le
constat que les habitants de Yaba, malgré leur grande pauvreté,
étaient toujours souriants et conviviaux alors qu'à l'inverse,
dans notre société on a tout et on râle tout le temps
: objectif éducatif atteint.